La commune de Francheville s’apprête à écrire un nouvel épisode urbain avec la réaffectation de l’emblématique site historique de la taurellerie de Bel Air. Le projet, piloté après une renégociation entre la Métropole, la municipalité et l’opérateur immobilier, vise à créer un tissu mixte mêlant logements, équipements scolaires et commerces, tout en conservant un pan de patrimoine réhabilité.
Les décisions prises ont des conséquences concrètes sur la mobilité locale, la vie commerciale et le paysage quotidien des riverains. Ce texte propose un décryptage technique et localisé, destiné aux acteurs concernés et aux habitants qui observent, parfois amusés, parfois inquiets, la transformation progressive du quartier.
En bref :
- 🏘️ 324 logements prévus, répartis pour favoriser la mixité sociale.
- 🏫 Création d’une école de 17 à 19 classes sur le « pré aux Taureaux ».
- 🌳 Rétro-zonage partiel du terrain en espace naturel pour raisons hydrauliques.
- 🏛️ Réhabilitation de la « Maison des champs » en lieu convivial (restaurant).
- 🚗 Stationnements réintégrés après renégociation pour soutenir le commerce local.
francheville : contexte historique et genèse du projet de l’ancienne taurellerie
L’histoire du site éclaire les enjeux actuels. Créée en 1926 pour relancer la production bovine d’après-guerre, la taurellerie a accueilli jusqu’à 200 taureaux avant sa fermeture en 2010, avec une délocalisation des activités vers Brignais. Le terrain est resté en friche pendant plusieurs années, jusqu’à l’acquisition du foncier par un promoteur en 2018.
La vente a déclenché un long débat politique, jusqu’à faire basculer des orientations municipales et contribuer à des changements de majorité. Le dossier a ainsi modifié le cours du mandat municipal et précipité des décisions locales, ce qui ne manque jamais d’apporter son lot d’émotions dans la vie politique communale.
Le projet initial envisageait un développement dense, mais la concertation suivante et la renégociation avec la Métropole ont permis d’ajuster les ratios logement/commerces et d’introduire des solutions techniques pour préserver l’armature paysagère du site. Ce travail de compromis est représentatif des tensions fréquentes entre ambitions immobilières et attentes citoyennes.
En synthèse, la genèse du projet montre la difficulté de concilier mémoire industrielle, pression foncière proche de Lyon et demandes d’un cadre de vie de qualité. Insight-clé : la mémoire du lieu devient un levier de projet, et non un simple prétexte à densification.

réhabilitation de l’ancienne taurellerie et intentions d’aménagement au Bel Air
Le dessein officiel du projet est clair : intégrer la ancienne taurellerie au tissu urbain de Bel Air en la transformant en un cœur de quartier dynamique. Le promoteur a proposé un mix programmatique combinant commerces de proximité, logements variés, crèche et espaces publics. L’objectif est de créer un lieu où la vie quotidienne peut se passer sans aller systématiquement consommer à Craponne.
La municipalité a insisté sur des adaptations : stationnements réintégrés à deux endroits, dispersion des logements sociaux pour éviter une concentration stigmatisante, et mise en place d’un quota d’accessions à la propriété en Bail réel solidaire (BRS). Ces mesures répondent à une volonté de « vivre à Bel Air » plutôt que de simplement y loger.
Le projet s’organise autour d’une mail piéton bordée de platanes, d’un petit square et de locaux commerciaux au rez-de-chaussée. La « Maison des champs » sera transformée en une offre conviviale, probablement un restaurant ou un espace événementiel. La requalification cherche à mêler patrimoine et fonctionnalité contemporaine.
Pour les spécialistes de l’aménagement, l’enjeu est d’équilibrer la programmation pour éviter les effets pervers de la gentrification tout en assurant la viabilité économique des commerces. Le lecteur attentif notera que la répartition des stationnements, longtemps absente, a été l’un des leviers de négociation les plus efficaces.
composantes programmatiques et chiffres clés
Le programme totalisé donnera :
| Élément 📌 | Quantité 🧾 | Remarque 🔎 |
|---|---|---|
| Logements | 324 🏠 | 23 500 m² de surface résidentielle |
| Part sociale | 25% ⚖️ | Logements sociaux répartis sur le site |
| BRS | 15% 🏷️ | Favorise l’accession sociale à la propriété |
| Hauteurs | R+6 pour 2 bâtiments ⬆️ | 13 bâtiments au total, variation des gabarits |
Ce tableau permet d’appréhender rapidement la volumétrie et les choix sociaux. Insight-clé : les chiffres révèlent un compromis entre densité et mixité, avec une volonté affichée de ne pas concentrer l’offre sociale.
urbanisme technique : densité, hauteurs et contraintes hydrauliques
Les choix de densité et de gabarit ne sont pas uniquement urbanistiques : ils tiennent compte de contraintes géotechniques et hydrauliques. La présence de l’Yzeron à proximité a imposé une révision significative de l’usage du foncier. Une partie du « pré aux Taureaux » a été rétrozonée en espace naturel après études techniques révélant un risque hydrique notable.
La Métropole a intégré ces éléments pour réduire la vulnérabilité du quartier à long terme. Les spécialistes en hydraulique privilégient des solutions fondées sur la naturalisation des bandes riveraines et la capacité de rétention des sols. Le parti pris retenu laisse la place à un grand espace vert, tout en concentrant l’équipement scolaire sur la portion constructible.
Du point de vue du urbanisme, cette manœuvre est exemplaire : adapter la densité au contexte naturel tout en garantissant l’équipement public nécessaire. La montée à R+6 pour deux bâtiments répond à une logique de compacité sur des îlots précis, évitant la mitage du paysage.
Le lecteur professionnel notera l’importance des études préalables : topographie, perméabilité, et servitudes hydrauliques ont dicté l’implantation des constructions. Cela réduit le risque d’aléas futurs et inscrit le projet dans une logique résiliente. Final insight : respecter les contraintes naturelles rend le projet durable et économiquement plus sûr.
exemples techniques mis en œuvre
- 🌊 Retenue d’eaux pluviales souterraines pour limiter la charge sur le réseau.
- 🌿 Trames végétales assurant infiltration et continuité écologique.
- 🏗️ Zones constructibles limitées autour des haies et des arbres remarquables.

développement durable : stratégies écologiques et adaptation climatique
Le dossier intègre des objectifs verts pour limiter l’empreinte carbone du futur quartier. Le choix d’espaces plantés et la préservation d’alignements d’arbres participent à la qualité de vie et à la gestion des eaux. Le projet s’articule autour d’une politique d’ombre, d’infiltration et de stockage naturel des eaux pluviales.
Les promoteurs annoncent l’utilisation de matériaux bas carbone pour certaines constructions et des systèmes de chauffage mutualisés, combinés à des exigences thermiques élevées. La stratégie vise à diminuer les consommations énergétiques et à favoriser les mobilités douces.
Les notions de développement durable se déclinent aussi socialement, via le BRS et la diversité d’offre résidentielle. Ce double enjeu—écologique et social—est désormais attendu par les collectivités, et Bel Air ne fait pas exception.
Des méthodes opérationnelles comme la gestion différenciée des espaces verts et la plantation d’espèces adaptées au climat local répondent à la fois aux contraintes hydrauliques et aux objectifs de biodiversité. Résultat : un quartier qui respire et réduit son risque d’inondation.
Insight-clé : la durabilité n’est pas une option mais un paramètre intégré tôt dans la conception, ce qui augmente la robustesse du projet face aux aléas climatiques.
impact social et logement : mixité, BRS et équilibres pour Bel Air
La répartition des 324 logements a été un point central de la renégociation. La municipalité a obtenu une limitation des logements locatifs purs au profit d’un pourcentage significatif d’accessions sociales via le BRS. Le but est de faciliter l’installation de ménages à revenus modestes dans la propriété, et non uniquement la location.
La part de 25% de social sera disséminée sur l’ensemble du site pour éviter la ségrégation urbaine. Cette stratégie influence positivement la mixité sociale et commerciale : lorsque les habitants vivent et consomment localement, le tissu économique du quartier se renforce.
L’introduction d’une école et d’une crèche est un levier supplémentaire pour créer un quartier familial. La ville prévoit par ailleurs des mesures pour favoriser l’accès aux commerces de proximité et limiter les déplacements quotidiens.
Pour les habitants, l’équilibre trouvé signifie un accès facilité au logement et des services sur place. Pour les urbanistes, c’est un test de gouvernance territoriale. Insight-clé : la distribution spatiale des logements sociaux est aussi déterminante que leur nombre.
- 🧾 Mesures sociales mises en place : BRS, répartition des logements, services éducatifs.
- 🛒 Mesures économiques : commerces au rez-de-chaussée, stationnement pour clients.
- 🚸 Mesures familiales : école prévue, crèche, promenades et équipements ludiques.
mobilités et connexions : comment Bel Air se relie au réseau métropolitain
La question des déplacements a été centrale dans les discussions. Les riverains se plaignaient que, sans commerces de proximité suffisants, ils allaient à Craponne ou à Lyon pour leurs achats. Le projet vise à inverser cette tendance en offrant des pôles de commerces attractifs, accessibles à pied ou en vélo.
La renégociation a permis de réintégrer des stationnements publics à deux endroits et d’insister sur la desserte par les TCL à proximité. L’objectif est de fluidifier les arrivées en voiture tout en favorisant les transports doux.
Les scénarios de mobilité prévoient également des aménagements cyclables reliant Bel Air aux voies structurantes vers Lyon et Tassin. L’optimisation des flux est pensée pour réduire les impacts sur les rues résidentielles et favoriser la multimodalité.
En somme, l’approche mobilité vise à rendre le quartier autonome tout en assurant une bonne intégration à la Métropole. Insight-clé : une offre locale attractive limite les trajets et renforce la durabilité du projet.
- 🚲 Pistes cyclables connectées au réseau métropolitain.
- 🅿️ Stationnements clients et boxs pour vélos sécurisés.
- 🚌 Liaison renforcée aux lignes TCL existantes.
la maison des champs : patrimoine, usages et programmation conviviale
La « Maison des champs », bâtiment historique du site, devient le symbole du renouveau. Plutôt que d’être effacée par la densification, elle sera requalifiée pour accueillir des activités conviviales : un restaurant, des salles polyvalentes ou un lieu d’exposition. Cette réutilisation patrimoniale est une pratique de réhabilitation fréquente dans les projets contemporains, permettant d’ancrer le projet dans la mémoire collective.
Le bâtiment, bordé d’une allée de platanes, constituera une pièce maîtresse du mail piéton. Son adaptation technique doit respecter les normes thermiques et d’accessibilité, tout en conservant son identité architecturale. Le compromis entre patrimoine et performance énergétique sera déterminant pour la pérennité de l’usage.
Un exemple concret : la transformation d’une ancienne bâtisse en restaurant associatif avec programmation culturelle renforce le lien social et crée de la fréquentation en journée comme en soirée. Ce type d’usage dynamise le commerce de proximité et favorise une ambiance de quartier.
Insight-clé : préserver et adapter un patrimoine local améliore l’acceptabilité sociale du projet et crée un point d’attraction pérenne.
calendrier, gouvernance et points de vigilance jusqu’en 2030
Le Projet urbain Partenarial (PUP) sera soumis aux conseils métropolitain et municipal pour validation. Les discussions et votes ont déjà rythmé la vie politique locale, et le suivi administratif se poursuivra jusqu’à l’achèvement des travaux. Les opérations de construction sont calibrées pour se dérouler par phases, avec une première livraison d’équipements publics (crèche, commerces) avant certaines livraisons résidentielles.
La Métropole accompagne le projet, notamment sur les aspects techniques et environnementaux. Le suivi devra porter sur :
- 🔎 la gestion des risques hydrauliques et la mise en oeuvre des solutions d’infiltration ;
- 🏗️ le respect des volumétrie et de la qualité architecturale ;
- 🤝 la bonne répartition des logements sociaux et en BRS.
Les enjeux politiques restent présents : la gouvernance devra garantir transparence et suivi participatif pour limiter les tensions et assurer l’acceptation locale. Le fil conducteur du projet reste la transformation dans le respect des paysages, des usages et des attentes des habitants. Final insight : le succès dépendra autant de la qualité technique que de la capacité à maintenir la confiance locale.
Liens utiles pour approfondir et contexte local :
Pour comprendre des dynamiques urbaines analogues et des enjeux locaux, consulter des retours d’expérience et des analyses régionales : analyse sur la métamorphose urbaine à Lyon, un portrait régional culturel ; élément de toponymie lyonnaise ; organisation locale de la logistique à vélo ; sécurité civile et risques courants ; reconversion patrimoniale.
Phrase finale percutante : le site de Bel Air se transforme, et la rive de l’Yzeron se rappelle à l’urbanisme avec autorité.
Quels types de logements seront construits à Bel Air ?
Le projet prévoit 324 logements avec 25 % de logements sociaux et 15 % en Bail réel solidaire (BRS), répartis sur l’ensemble du site pour favoriser la mixité.
La Maison des champs va-t-elle être démolie ?
Non. La Maison des champs sera réhabilitée et transformée en lieu convivial, probablement un restaurant ou un espace événementiel, tout en respectant les contraintes patrimoniales.
Quelles mesures face au risque d’inondation ?
Le « pré aux Taureaux » a été partiellement rétrozoné en espace naturel après études hydrauliques. Des solutions de rétention et d’infiltration des eaux pluviales sont prévues pour limiter les risques en aval.
Comment le projet soutient-il le commerce local ?
Des emplacements commerciaux en rez-de-chaussée, la réintégration de stationnements clients et une programmation visant à attirer la consommation locale sont prévus pour renforcer l’offre commerciale.



